Voici comment des migrants sont traités prés de chez nous !

AU TRIBUNAL de TOULOUSE Salle n° 3 en Janvier 2026

En janvier, le Cercle des voisins de Cornebarrieu a suivi 18 audiences de juges des libertés et de la détention (JLD) pour 78 personnes.

 » Du départ du CRA jusqu’à la salle d’audience, toutes les personnes sont menottées dans le dos, comme des criminels et passent par la salle des pas perdus « .

Cra de Mayotte. Photo Le Monde

 » Des entraves concernent aussi le public désirant assister aux audiences (dont les membres du Cercle des Voisins). Elles se manifestent sous forme d’un refus d’entrée en salle avant l’arrivée du juge et parfois sans venir avertir du début d’audience.

Les chiffres suivants ne concernent « que » les 18 audiences sur les 31 tenues en janvier. Comme les mois précédents, la majorité des personnes enfermées sont nord-africaines dont 39 algériens (50%), 14 tunisiens (18%), 11 marocains (14%) « .

Répartition Libérations/prolongations Janvier 2026 auprés des Juges de la Liberté et de la Détention

Au JLD1 (après 96 heures au CRA)30 prolongations15 libérations (33 %)
Au JLD2 (après 30 jours au CRA)17 prolongations 1 seule libération (5%)
Au JLD 3 (après 60 jours au CRA)5 prolongations 6 libérations (55%)

Informations tirées de « Par-delà les murs », lettre d’information du Cercle des Voisins de Cornebarrieu.

AU CENTRE DE RETENTION ADMINISTRATIVE DE CORNEBARRIEU :

« En rétention, il choisit d’avaler des piles plutôt que l’expulsion.« 

Médiacités.

 » Saifedine R., un Tunisien de 29 ans retenu au Centre de rétention administrative de Cornebarrieu a accompli un geste désespéré. Il a avalé des piles pour éviter son expulsion vers la Tunisie. Installé en France depuis trois ans, travaillant comme peintre en bâtiment dans la région marseillaise, sans‐papiers, Saifedine était sous le coup d’une OQTF depuis juillet aprés un contrôle à l’automne dernier. Il a été placé en rétention à Cornebarrieu le 4 décembre.

Informé d’un vol prévu entre Toulouse et Tunis, il aurait agi par peur d’un renvoi imminent. Un article de Médiacités souligne l’état de santé alarmant du jeune homme et le manque supposé de soins appropriés après son geste. Ce fait divers s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement de la politique française de rétention administrative. Enfin, il met en lumière la tension entre impératifs migratoires et respect des droits humains.

Saifedine est passé devant le juge des libertés et de la détention (JLD) le 1er février. La juge a décidé de sa libération mais avec une assignation à résidence (AAR) de 45 jours avec signature au commissariat du lundi au vendredi en attendant son expulsion ».

Information tirée de « Par-delà les murs », lettre d’information du Cercle des Voisins de Cornebarrieu et du journal Médiacités.

BON A SAVOIR:

 » En 2024, 1 116 personnes ont été enfermées au CRA de Cornebarrieu. Dans ce CRA de 126 places, le taux d’occupation poussé au maximum accroît la promiscuité, avec des conséquences immédiates sur l’exercice des droits, le sommeil, la santé physique et mentale, l’hygiène et la sécurité des personnes enfermées. Les personnes enfermées se plaignent également de la qualité et de la quantité des repas, d’un droit de visite et d’un accès à leurs effets personnels parfois limité voire bafoué. Tout ceci alors même que la durée d’enfermement moyenne est de plus en plus longue (30 jours en 2024). »

DDM-MICHEL VIALA LE CENTRE DE RETENTION DE TOULOUSE CORNEBARRIEU

Enfermer toujours plus, peu importe qui et comment

 » Au vu de la dégradation des locaux au fil des années, des travaux importants ont été programmés. Ils doivent commencer en novembre 2025, nécessitant la fermeture successive de certaines parties du CRA… Comme elle a déjà pu le faire auparavant dans d’autres CRA, elle préfère donc enfermer des personnes dans ce CRA au milieu des travaux, sans prise en considération des conséquences sur les personnes étrangères et les acteurs intervenant au sein du centre. Pis encore, pour maintenir un nombre de placements en rétention similaire, elle souhaite mettre en place une solution inédite : des lits superposés dans chaque chambre, au lieu des lits simples actuels. Alors que les tensions sont d’ores et déjà quotidiennes et que les droits des personnes enfermées sont mis à mal face à cette politique d’enfermement, l’administration maintient son cap et n’envisage pas la fermeture d’un CRA (ne serait-ce qu’en partie).« 

extraits du rapport annuel 2024 de la CIMADE (seule association présente au CRA).